C’est un véritable antidote à l’éco anxiété que nous propose la géographe, Magali Reghezza-Zitt dans son livre Bienvenue en 2055 (1). Première année où, selon l’auteure, nous cessons d’émettre plus de CO2 que les océans, les forêts, les prairies n’en absorbent, engendrant une stabilisation du réchauffement climatique. Oh tout n’a pas été facile, et les transitions ont été parfois douloureuses. Les canicules sont récurrentes atteignant parfois 50° à l’ombre, – c’est le prix à payer de notre inaction passée -. Mais l’on a évité le pire avec une augmentation de la température moyenne en France stabilisée à + 2,2° C depuis 1830, début de la révolution industrielle, plutôt qu’au-delà de l’enfer des 4° C.
Le plastique a disparu, tout comme les aliments ultra-transformés, et les coraux des abysses. L’on s’habille avec des vêtements en fibres naturelles, l’on mange moins de viande (mais de meilleure qualité) et l’on fait plus de vélo. Comme dans les années 1960, l’agriculture a vécu une nouvelle révolution, combinant à des degrés divers, selon les régions, technologies nouvelles et principes agronomiques plus en phase avec le fonctionnement des écosystèmes. Les agriculteurs, plus nombreux qu’il y a trente ans, gagnent mieux leur vie. Les fermes sont devenues autonomes en carbone et en eau, et gèrent la plupart de leurs déchets.
Plus globalement, pour réussir à stabiliser le réchauffement, il a fallu réorganiser nos sociétés, le monde du travail et la vie des entreprises, refonder le système éducatif élargi à toute la vie active, répartir équitablement l’effort en réinventant un contrat social, faire évoluer nos standards de vie, sans renoncer ni au progrès ni au confort. « Je ne suis pas devenue une amish », s’amuse l’auteure qui ajoute : « Nous avons compris que le moins n’était pas l’ennemi du mieux, que ralentir ne signifie pas régresser, qu’une consommation raisonnable et raisonnée n’est synonyme ni d’austérité ni de récession. »
Il faut lire, sans modération, cette fiction scientifique, – qui explique en termes simples la complexité des enjeux -, et pour constater qu’il n’est pas trop tard et que le pire n’est pas certain…
1/ Bienvenue en 2055 dans un monde neutre en carbone – Le Seuil – mai 2026 – 21,50 €