Municipales : la fin du panachage

Le changement de mode de scrutin pour les prochaines élections municipales ne concerne pas seulement les trois grandes métropoles (Paris, Lyon et Marseille), mais aussi les bourgs de moins de 1 000 habitants qui représentent 71 % des communes. En effet, la loi du 21 mai 2025, dans sa volonté d’harmoniser le mode de scrutin, généralise la représentation proportionnelle à la plus forte majorité. Ce qui se traduit dans les communes de moins de 1 000 habitants par la parité hommes/femmes (ce qui est positif), mais aussi par l’obligation d’établir des listes complètes. Elle met donc fin au panachage et au raturage, et par là même à cette personnalisation du vote, apanage des électeurs des villages de moins de 1000 habitants, où tout le monde se connaît et où les affinités personnelles supplantent souvent les choix politiques.

En effet dans les très petites communes, il est souvent difficile de constituer deux listes complètes, faute de volontaires ! Dans ce contexte, le panachage offrait la possibilité aux électeurs et électrices, de constituer sa liste en choisissant parmi les deux listes ou des candidatures individuelles ceux et celles qui leur semblaient les plus aptes à remplir la tâche d’élu local. Dans un village voisin d’une centaine d’habitants, le maire, un notable, aujourd’hui décédé, qui avait été sénateur et président du Conseil général, présentait à chaque scrutin municipal comme bulletins de vote des feuilles blanches que chacun pouvait remplir à sa convenance. La démocratie locale dans toute sa quintessence…

Désormais, au nom de l’efficacité, la loi de 2025, qui dit viser, outre la parité, à garantir la vitalité démocratique et la cohésion municipale, pourrait bien avoir des effets inverses dans les très petites communes, avec une augmentation substantielle des votes blancs ou nuls et des abstentionnistes, car, dans bien des cas, une liste unique est loin de faire l’unanimité !