2026 commémore le centenaire de la naissance de la télévision, même s’il faudra attendre quelques décennies avant qu’elle n’atteigne le grand public, notamment en milieu rural. Dans son livre La métamorphose de Plozévet, le sociologue Edgar Morin raconte que les premiers possesseurs d’un téléviseur de ce bourg breton dissimulaient l’antenne dans le grenier, de peur du qu’en dira-t-on des voisins, en une époque (les années 1960) où regarder la télé était considéré comme un signe de paresse ! Pourtant, l’agriculture et le rural vont jouer un rôle important dans les débuts de la télé. Dans les années 1950, un instituteur de la région de Château-Thierry (Aisne), avait créé un club télé, dans son village, rejoint par un professeur de lycée, Roger Louis, qui deviendra grand reporter à l’emblématique magazine d’informations Cinq colonnes à la une. Ce dernier, avec des agriculteurs de la région, lança des émissions autour de thèmes comme le remembrement, la motorisation, l’exode rural. L’initiative plut aux responsables de la RTF de l’époque, qui les programma au niveau national et donna naissance aux premières émissions agricoles, La Vie à la campagne, puis Etat d’urgence.
En 1966, une autre initiative tend à promouvoir le développement agricole, via le petit écran. Elle est le fait de Louis Mallassis, alors professeur d’économie rurale à l’Agro de Rennes, qui lance en Bretagne Télé Promotion Rurale (TPR). Les émissions sont diffusées lors de réunions agricoles, suivies d’un débat. TPR suscite des émules dans d’autres régions et fera tourner, via le service cinéma du ministère de l’Agriculture, de grands noms réalisateurs. Quelques magazines vont apparaître sur les chaînes : de Télé villages émission animée par Michel Cuperly, en 1969, jusqu’au dernier numéro d’Un Soleil à l’autre, l’émission produite par Jean-Claude Widemann sur FR3. Sans oublier des fictions, comme Jacquou le Croquant, qui renvoyait le public à sa lointaine mémoire. De même qu’apparaissent si lointains aujourd’hui les débuts de la télé !