Récemment, le journal La Montagne proposait un échange entre André Chassaigne et Jacques Chazalet, animé par le journaliste Dominique Diogon. Le premier, ancien député communiste du Puy-de-Dôme, vient de consacrer plusieurs mois à la rénovation de l’église de son village. L’ancien principal de collège, athée, s’est pris de passion pour le patrimoine religieux du Livradois, avec l’envie d’écrire un livre sur ce thème qui deviendra Cheminement d’un communiste en terre chrétienne (1) dans lequel il explore son parcours et son rapport à la spiritualité. Le second, Jacques Chazalet, moutonnier, ancien vice-président de la FNSEA et protestant, préside le Sommet de l’élevage. Ces deux hommes se connaissent depuis plus de 40 ans. Ils ont épousé deux filles, deux amies, issues de familles catholiques de Palladuc.
Tous deux se retrouvent dans ce constat que le christianisme et le communisme ont joué un rôle de ciment social, notamment dans les campagnes, malgré l’opposition toute empreinte de respect à la Don Camillo entre le curé en soutane et l’instituteur secrétaire de mairie, qui vote souvent socialiste ou communiste. « Le fait de s’éloigner de la religion et même du PC est une forme de délitement qui, je crois, a été nourri par le consumérisme, le court terme », observe Jacques Chazalet. Il ajoute : « L’humanisme doit primer, avec le respect des uns et des autres ». Si André Chassaigne ne comprend pas qu’on puisse être à la fois croyant et dans le rejet de l’autre, il ne désespère pas pour autant : « Je pense que les consciences évoluent à nouveau vers plus de fraternité. Quand on lit le pape François, c’est un summum, et même le nouveau pape Léon XIV, je pense qu’il est sur la bonne voie. »
Belle leçon de tolérance, que cet échange entre un coco et un parpaillot, en un temps où ces valeurs subissent de violents vents contraires, et qui montre que si tout le monde ne croit pas en Dieu, au moins peut-on croire en l’Homme…
1/ Editions Deborée -184 pages – septembre 2026 – 22 €