Changement climatique : l’agriculture apparaît en première ligne – Chronique 11 – 80 ans de La France Agricole

Alors que s’engage à Belém au Brésil la COP 30, l’occasion de revenir sur quatre décennies marquées par une succession de crises climatiques extrêmes.

Vingt ans après la conférence de Stockholm de 1972 qui place la question écologique au cœur des préoccupations internationales, se réunit à Rio un nouveau Sommet de la Terre. Dans son édito (12/06/1992), Jean-François Colomer s’inquiète « du faible cas réservé au problème de la faim dans le monde ». Par la suite la question climatique ne suscitera guère l’intérêt de la société et donc des médias. Il faudra attendre le milieu des années 2000. La FA (23/09/2005) y consacre un dossier Le climat qui va changer, soulignant l’atout de la biomasse, idéale pour produire des énergies renouvelables. Suit un autre dossier :  Les plantes et les insectes désorientés (05/01/2007) où sont analysées les conséquences du changement climatique sur les cultures et les prairies. Fin 2007, alors que se négocie le Grenelle de l’environnement, l’éditorialiste Yvon Herry déplore la faible prise en compte de la voix des paysans : « On ne peut pas créer une dynamique positive en imposant des mesures compliquées, contraignantes ou vécues comme venu d’en haut ».

Par la suite la succession des rapports du GIEC qui, régulièrement, constatent une aggravation de la situation, en même temps que la récurrence des phénomènes climatiques extrêmes, la FA multiplie les dossiers sur ce thème (une quinzaine entre 2020 et 2024) : de l’enquête Marché des grains, le changement climatique rebat les cartes (16/10/2020) qui voit les pays de la Mer Noire et les zones les plus septentrionales sortir gagnants au détriment de l’Union Européenne, des Etats-Unis et de l’Australie, à ce dossier de 21 pages S’adapter aux à-coups climatiques de l’eau (20/12/2024), qui donne des pistes pour améliorer notre résilience à cette succession de sécheresses et d’inondations. Une large place est consacrée aux témoignages d’agriculteurs et d’éleveurs qui s’investissent dans des pratiques vertueuses. Ainsi l’on découvre que des éleveurs du Massif central ont remis au goût du jour une tradition ancestrale, celle d’utiliser les branches de frênes pour faire face au manque de fourrages. Durant ces années, la FA a recueilli les avis de nombreux experts, du météorologiste Louis Bodin au député européen Pascal Canfin, en passant par Jean-Marc Jancovici (Shift Project), ou encore Sébastien Abis (Club Demeter). Ce dernier montrait (FA 03/05/2024) l’ampleur de l’équation à résoudre « entre une intensification de la sécurité alimentaire mondiale, comme jamais vu dans le passé et une décroissance des émissions de carbone sans précédent ». Une brève synthèse pour résumer quatre décennies de négociations climatiques !