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	<title>Denis Lefevre &#187; Denis Lefevre | Denis Lefevre</title>
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	<description>Écrivain Journaliste</description>
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		<title>En quête de laines précieuses</title>
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		<pubDate>Sat, 07 Nov 2026 08:37:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Denis Lefevre]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[La France Agricole]]></category>

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		<description><![CDATA[L’on évoque rarement cet autre débouché de l’agricultur [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">L’on évoque rarement cet autre débouché de l’agriculture qu’est le textile.  Selon FARM (Fondation pour l’agriculture et la ruralité dans le monde), 25 % des fibres mondiales viennent de l’agriculture. D’ailleurs la France n’est pas mal placée dans ce domaine, car, outre les filières moutonnières et chevrières, elle est le premier producteur mondial de lin. Et sur le marché des fibres exceptionnelles destinées à la haute couture, la France compte une entreprise, créée en 1842, Dormeuil, fabricant de tissus haut de gamme et l’un des leaders mondiaux du secteur.</p>
<p style="text-align: justify;">Son président Dominic Dormeuil parcourt le monde en quête des meilleures fibres. « Il ne faut pas oublier que le splendide cachemire porté par un mannequin dans un défilé de mode parisien existe grâce à un nomade mongol transhumant avec ses chèvres quelque part entre les steppes et le désert de Gobi », écrit Dominic Dormeuil, dans un beau livre <em>A la recherche des laines précieuses</em> (1) écrit avec le photographe Jean-Baptiste Rabouan. Les auteurs nous emmènent dans les coins les plus reculés de la planète : du Groenland avec ces chasseurs de bœufs musqués, animaux qui semblent venir de la Préhistoire, aux Andes péruviennes avec ces éleveurs de vigognes qui vivent entre 4000 et 6000 mètres d’altitude et produisent une fibre six fois plus fine que le cheveu humain, et rare, un animal ne fournissant que 250 grammes de fibres tous les deux ans. Sans oublier ces bergers nomades d’Asie centrale et leurs chèvres cachemire et pashmina, ou encore les sédentaires éleveurs de moutons Shetland des îles écossaises, de mérinos en Australie ou de chèvres Mohair en Afrique du Sud.</p>
<p style="text-align: justify;">Bel hommage à ces « gardiens des fibres rares », mais dont l’avenir est questionné par les menaces qui planent, en cette année du pastoralisme voulue par les Nations Unies, et qui se nomment : changement climatique, paupérisation, exode rural, pression foncière, risques sanitaires…</p>
<p>1/ Editions Glénat. 39,50 € &#8211; 170 pages &#8211; 2015</p>
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		<title>Fin du monde, fin du mois</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Nov 2026 09:02:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Denis Lefevre]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[La France Agricole]]></category>

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		<description><![CDATA[Tandis que le Haut-Commissariat au Plan propose ces jou [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Tandis que le Haut-Commissariat au Plan propose ces jours-ci un regard prospectif (<em>2035 – 2050, comment vivrons-nous en France demain ?</em>), quant aux choix à faire pour préserver l’avenir, l’historien, Pierre Ronsanvallon, penseur érudit de la démocratie, publie <em>La tyrannie du présent</em> (1). Ouvrage dans lequel il analyse cette préférence pour le court-termisme, qui règne aujourd’hui en maître dans la politique, l’économie ainsi que dans nos têtes. « L’individu moderne est caractérisé par sa focalisation sur les enjeux du court-terme », constate l’auteur, alors que la dette, le changement climatique, mais aussi les enjeux éducatifs et de santé imposent de prendre en compte le long terme. D’autant que le débat entre fin du mois et fin du monde ne date pas des gilets jaunes. Il est récurrent, notamment depuis la Révolution française, avec la montée de l’individualisme, le recul du religieux et l’émergence des démocraties, dont la périodicité rapprochée des élections entrave la vision à long terme.</p>
<p style="text-align: justify;">A ce propos Pierre Ronsavallon cite comme exemple la politique de préservation des forêts de Colbert (les ordonnances de 1669), qui donna lieu à des conflits d’usages de la part du monde paysan. Ce dernier, considérant cette législation comme un régime de restrictions et d’interdictions, entendait privilégier les usages immédiats de la forêt (de la collecte du bois de chauffage au ramassage des glands). Ce que l’on appellera la « guerre des forêts » à laquelle la Révolution française mit fin, en prenant partie pour le monde paysan. Selon Pierre Ronsavallon, les élites, dont Colbert est l’un des plus illustres représentants, n’ont pas su réfléchir à la façon dont on aurait pu associer les paysans à cette législation. « On ne peut espérer conduire une politique du long terme si on ne comprend pas en profondeur les réticences et les résistances qui s’y attachent immédiatement et sensiblement », estime l’historien qui considère que l’on devrait tirer de cette histoire ancienne des leçons pour le présent…</p>
<p>1/ Editions du Seuil – 250 pages – septembre 2026 – 23 €.</p>
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		<title>Premier échange avec Copilot</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Nov 2026 08:59:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Denis Lefevre]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[La France Agricole]]></category>

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		<description><![CDATA[Intéressé par une intervention de Jean-Marc Jancovici d [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Intéressé par une intervention de Jean-Marc Jancovici dans laquelle le patron de Shift Project estime que le développement de l’Intelligence artificielle (IA) est un non-sens écologique, je décide de faire appel à l’IA pour tenter de me faire une opinion. C’est la première fois que j’effectue cette démarche. Plutôt du genre technophobe, je ne comprends pas grand-chose à l’IA, d’autant plus, avec ces récents débats, où l’on nous annonce à la fois l’apocalypse et le meilleur des mondes. Alors je pose cette question à Copilot (Microsoft) : « Ne faudrait-il pas plutôt utiliser les sommes colossales investies dans l’IA pour réparer les dégâts que nous avons faits subir à la planète et à la nature, qui nous le rend bien, ces derniers temps ? ».</p>
<p style="text-align: justify;">La réponse est instantanée. Chapeau bas ! D’abord, pour m’amadouer, sans doute discerne-t-il en moi de grandes réserves, il me répond : « Votre question est intéressante, elle fait l’objet de débats réels parmi les économistes, les scientifiques et les écologistes ». Ensuite, à la manière d’un étudiant de Sciences Po des années 1980 (thèse, antithèse, synthèse), il reconnaît : « Dans cette vision, investir davantage dans l’IA peut sembler paradoxal alors que les dommages environnementaux sont déjà connus et urgents », puis met en avant par des exemples le fait que l’IA pourrait réparer ou limiter certains dégâts environnementaux. « Opposer complètement l’IA et la protection de l’environnement est peut-être trop simpliste », conclut Copilot, qui ajoute : « La question la plus pertinente est : comment orienter la puissance financière et technique de l’IA vers des objectifs environnementaux plutôt que vers des usages principalement commerciaux ou spéculatifs ? » Parfait, mais la question environnementale n’apparaît pourtant pas comme une priorité de Microsoft et des autres entreprises de la Tech ! Quant à la leçon de que je tire de cette première expérience, je dois reconnaître que je reste sur ma faim…</p>
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		<title>La foi en l&#8217;humanité</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Sep 2026 14:01:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Denis Lefevre]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[La France Agricole]]></category>

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		<description><![CDATA[Récemment, le journal La Montagne proposait un échange  [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Récemment, le journal <em>La Montagne</em> proposait un échange entre André Chassaigne et Jacques Chazalet, animé par le journaliste Dominique Diogon. Le premier, ancien député communiste du Puy-de-Dôme, vient de consacrer plusieurs mois à la rénovation de l’église de son village. L’ancien principal de collège, athée, s’est pris de passion pour le patrimoine religieux du Livradois, avec l’envie d’écrire un livre sur ce thème qui deviendra <em>Cheminement d’un communiste en terre chrétienne</em> (1) dans lequel il explore son parcours et son rapport à la spiritualité. Le second, Jacques Chazalet, moutonnier, ancien vice-président de la FNSEA et protestant, préside le Sommet de l’élevage. Ces deux hommes se connaissent depuis plus de 40 ans. Ils ont épousé deux filles, deux amies, issues de familles catholiques de Palladuc.</p>
<p style="text-align: justify;">Tous deux se retrouvent dans ce constat que le christianisme et le communisme ont joué un rôle de ciment social, notamment dans les campagnes, malgré l’opposition toute empreinte de respect à la <em>Don Camillo</em> entre le curé en soutane et l’instituteur secrétaire de mairie, qui vote souvent socialiste ou communiste. « Le fait de s’éloigner de la religion et même du PC est une forme de délitement qui, je crois, a été nourri par le consumérisme, le court terme », observe Jacques Chazalet. Il ajoute : « L’humanisme doit primer, avec le respect des uns et des autres ». Si André Chassaigne ne comprend pas qu’on puisse être à la fois croyant et dans le rejet de l’autre, il ne désespère pas pour autant : « Je pense que les consciences évoluent à nouveau vers plus de fraternité. Quand on lit le pape François, c’est un summum, et même le nouveau pape Léon XIV, je pense qu’il est sur la bonne voie. »</p>
<p style="text-align: justify;">Belle leçon de tolérance, que cet échange entre un coco et un parpaillot, en un temps où ces valeurs subissent de violents vents contraires, et qui montre que si tout le monde ne croit pas en Dieu, au moins peut-on croire en l’Homme…</p>
<p>1/ Editions Deborée -184 pages – septembre 2026 – 22 €</p>
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		<title>Les cartes : un enjeu de puissance</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Sep 2026 11:36:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Denis Lefevre]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[La France Agricole]]></category>

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		<description><![CDATA[Pendant que Donald Trump publiait une carte des Amériqu [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Pendant que Donald Trump publiait une carte des Amériques aux couleurs du drapeau des Etats-Unis, après avoir rebaptisé de manière unilatérale le golfe du Mexique et le lac Ontario, et envisagé de donner son nom au détroit d’Ormuz, l’assemblée générale de l’ONU adoptait une résolution portée par l’Union africaine pour changer notre représentation de la carte du monde et la rendre plus fidèle à la réalité.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis le XVIème siècle, la projection du cartographe flamand, Gerardus Mercator, domine notre façon de représenter le monde. Si elle respecte les angles et les distances, aspects essentiels à l’époque pour la navigation maritime, elle a l’inconvénient de déformer les superficies. En effet, plus on se rapproche des pôles, plus la superficie est surestimée. Ainsi sur les cartes traditionnelles, la Fédération de Russie (17 ,1 millions de km2) apparaît deux fois plus grande que le continent africain, qui s’étend sur 30 millions de km2. De même, le Groenland semble aussi vaste que l’Afrique, alors que sa superficie réelle est 14 fois plus petite. La nouvelle projection Equal Earth, préconisée désormais par les Nations-Unies et adoptée par la France, s’inspire des travaux du géographe allemand Max Eckert qui donne une image des superficies proches de la réalité, au détriment des distances et des angles. En fait il est impossible de représenter avec précision le globe sur une surface plane.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur fond d’un retour des ambitions impérialistes, les cartes sont plus que jamais un instrument politique. Elles ne sont pas neutres et façonnent nos perceptions. Depuis des années, l’ONG CCFD Terre solidaire diffuse une carte, celle du géographe Peeters, qui, outre qu’elle projette la superficie exacte des pays, renverse la carte plaçant l’hémisphère Nord au Sud et ne met plus l’Europe au centre. C’est particulièrement déstabilisant pour un Européen, mais cela permet de mieux comprendre pourquoi le Vieux Continent n’est plus le centre du monde.</p>
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		<title>Climat : agir sur le long terme</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Sep 2026 11:34:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Denis Lefevre]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[La France Agricole]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce fut l’été de tous les excès climatiques : quatre can [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Ce fut l’été de tous les excès climatiques : quatre canicules, des records de chaleur et d’hectares de forêts calcinés, des rendements agricoles en forte chute. Et quand la pluie tant espérée survient, c’est souvent brutalement. Sans parler des conséquences tragiques, les dégâts humains avec l’augmentation des décès anticipés et la fragilisation de secteurs économiques comme l’agriculture l’habitat, ou la vulnérabilité de la forêt et des milieux naturels&#8230; Face à ces enjeux colossaux et complexes, la réponse des politiques ne semble pas à la hauteur, tentés qu’ils sont d’attendre le retour à des températures normales pour passer à autre chose. A l’adage « gouverner c’est prévoir », attribué à Adolphe Thiers, s’est substitué celui de « gouverner, c’est gérer l’imprévu ». Si cela s’est révélé adapté à la Covid, ça l’est moins pour le changement climatique, tant, depuis des décennies, les climatologues nous avaient alertés. Et l’on constate aujourd’hui qu’ils n’avaient pas surestimé leurs projections, comme on leur en a souvent fait le reproche.</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut donc nous préparer à la récurrence de ces événements climatiques extrêmes. Cela nécessite une vision au long cours, bien au-delà des échéances électorales, pour affiner les stratégies de souveraineté alimentaire, comme la propose l’agro-climatologue et photographe des orages, Serge Zaka. Il est l’un des rares à évoquer cette nouvelle géographie agricole et alimentaire issue du changement climatique. En effet, à chaque degré Celsius supplémentaire, les zones climatiques se déplacent de 160 kilomètres vers le pôle. Ainsi, depuis quelques années, on constate le développement voire le déplacement de certaines cultures de l’Europe de l’Ouest vers l’Europe du Nord Est : la Pologne, l’Ukraine, la Russie… Ce n’est pas un hasard si cette dernière a doublé sa production de blé depuis l’an 2000 et est devenue le premier exportateur mondial, damant le pion aux exportations françaises sur certains marchés du Maghreb et de l’Egypte.</p>
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		<title>De l&#8217;art de (bien) donner à manger</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Sep 2026 11:31:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Denis Lefevre]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[La France Agricole]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans un précédent ouvrage La démocratie dans les champs [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Dans un précédent ouvrage <em>La démocratie dans les champs</em> (2016), la philosophe Joëlle Zask montrait comment l’art de cultiver apprenait la démocratie. Avec son nouveau livre <em>Donner à manger : politique d’un geste ordinaire</em> (1), elle montre combien l’acte de donner à manger est une composante essentielle de la vie sociale : « Tout par de là, ou devrait en partie. De fait, une bonne société, souligne l’auteure, se construit sur les réponses qu’elle apporte à la nourriture. »</p>
<p style="text-align: justify;">Avec plus de la moitié de l’humanité qui se trouve soit en insécurité alimentaire, soit en excès de poids, l’histoire montre que l’on n’a pas su faire. Et l’auteure de s’en prendre à ce contrat social, qui remonte aux origines de la politique, stipulant que le prince doit veiller à la subsistance de ses sujets, &#8211; le meilleur moyen de rendre le peuple docile et dépendant -, comme le fameux du « pain et des jeux » sous la Rome antique ! De même, à l’égard des populations en précarité, elle souligne le caractère souvent humiliant de la charité qui maintient le donataire en situation de grande dépendance, contrastant avec l’image de soi valorisante du donateur. Elle préfère le glanage qui reposait sur un droit communautaire du partage et rendait le glaneur acteur. « Autrefois, précise Joëlle Zask, il arrivait que l’usage de la faux soit interdit au profit d’une récolte à la faucille, pour que la part laissée aux pauvres soit plus abondante. »</p>
<p style="text-align: justify;">De la maman qui allaite son bébé à l’auxiliaire de vie qui tente de redonner envie de manger à une personne en perte d’autonomie, l’auteure nous montre que « nourrir, c’est faire grandir et c’est aussi grandir soi-même ». L’enjeu étant de rendre la personne actrice de sa nourriture, à l’image de ces écoliers japonais qui participent à la préparation du repas, mangent dans la salle de classe, en même temps qu’ils étudient l’origine et l’histoire des aliments, la manière de les cultiver et de les cuisiner…</p>
<p>1/ Edition Premier Parallèle – mars 2026 – 205 pages &#8211; 17 €</p>
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		<title>La malédiction des matières premières</title>
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		<pubDate>Fri, 24 Jul 2026 15:53:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Denis Lefevre]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[La France Agricole]]></category>

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		<description><![CDATA[Un séjour de deux semaines à Kinshasa, capitale de la R [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Un séjour de deux semaines à Kinshasa, capitale de la RDC (République Démocratique du Congo), ville bouillonnante de monde, de véhicules, de poussière et de pollution, qui concentre 18 millions d’habitants et s’étend d’est en ouest sur plus de 80 kilomètres, donne une image contrastée de ce très riche pays en ressources minérales (1<sup>er</sup> producteur mondial de cuivre et de cobalt&#8230;), forestières (55 % de la forêt africaine), hydrologiques (grâce au fleuve Congo), agricoles, et qui fait quatre fois la superficie de la France.</p>
<p style="text-align: justify;">L’agriculture, qui occupe 70 % de la population active, a stagné depuis l’indépendance en 1960 de cette ancienne colonie belge, propriété du roi Léopold. Seul 10 % du potentiel de terres arables qui pourrait atteindre 80 millions d’hectares, est exploité. Le pays (3<sup>ème</sup> producteur mondial de manioc et premier pour la banane plantain), qui est considéré comme le deuxième pays au monde derrière le Brésil pour son potentiel agricole, dépend à hauteur de 80 % de l’étranger pour son approvisionnement alimentaire. La RDC est derrière le Yémen, le pays le plus touché par l’insécurité alimentaire, qui concerne plus de 70 % de la population. A l’origine de ce paradoxe, il y a cette guerre récurrente depuis plus de trois décennies menées par des milices soutenus par le Rwanda, qui a fait plus de victimes que la Seconde guerre mondiale et a occasionné d’importants déplacements de population, mais aussi des infrastructures en particulier routières dégradées, un accès au crédit inexistant, des services sociaux insuffisants, à quoi s’ajoutent une mauvaise gouvernance, la corruption, et désormais l’épidémie d’Ebola.</p>
<p style="text-align: justify;">Une situation que les économistes ont qualifié dans les années 1960 de malédiction des matières premières, en constatant que les pays en développement dotés d’abondantes ressources minérales affichent souvent de moins bonnes performances économiques avec une gouvernance qui repose essentiellement sur l’économie de rente. Certains pays ont pu échapper à cette malédiction, mais pas la RDC.</p>
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		<title>La saga des cartes routières</title>
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		<pubDate>Fri, 24 Jul 2026 15:49:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Denis Lefevre]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[La France Agricole]]></category>

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		<description><![CDATA[Certains objets disent beaucoup d’une époque. C’est le  [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Certains objets disent beaucoup d’une époque. C’est le cas de la carte routière, tant elle témoigne de l’évolution de nos modes de vie durant plus d’un siècle, comme le décrit dans <em>La France à la carte</em> (1) le journaliste Jean-Claude Raspiengas, pour qui « ouvrir une carte routière, c’est d’un seul coup d’œil nouer le présent avec le passé, la géographie avec l’histoire ». Tout commence par le pneu, à la fin du XIXème siècle avec la découverte par Michelin du pneu à air, plus performant, d’abord destiné aux vélocipèdes, qui seront détrônés cinquante ans plus tard par l’automobile. C’est d’ailleurs en 1905, à l’occasion d’une course en Auvergne que Michelin édite sa première carte routière. Il faudra une trentaine d’années pour cartographier l’ensemble de l’Hexagone. Entre temps, la firme clermontoise invente le pliage en accordéon, innove et multiplie les produits dérivés pour inciter les Français à se déplacer et donc à acheter des pneus. Cinq ans plus tôt, elle avait sorti son premier guide rouge (gastronomique), distribuant gratuitement 1 300 000 exemplaires jusqu’en 1912. Les exemplaires de la première édition atteignent des sommes records (près de 30 000 €) lors de ventes aux enchères. Puis en 1926, elle publie les premiers guides verts (tourisme).</p>
<p style="text-align: justify;">La carte routière est un produit complexe à concevoir alliant précision et rigueur, et devant sans cesse s’adapter. Les cartographes qui font penser à ces moines copistes du Moyen-Age, produisent quasiment une œuvre d’art, qui, avec le très connu Bibendum, contribue à la notoriété de l’entreprise : troisième marque la plus citée dans le monde en 1994 après Coca Cola et Mc Donalds. Depuis la concurrence, avec notamment le Guide du Routard et le Gault et Millau, mais surtout l’arrivée du digital ont changé la donne. Les cartes se vendent moins (1,2 million de cartes aujourd’hui contre 20 millions en 1990). Le GPS a substitué le temps à la distance, au prix de notre liberté, celle d’emprunter les chemins de traverse à la découverte de coins méconnus. « Nous vivons désormais, constate l’auteur, dans une nouvelle réalité. La carte est devenue le territoire. »</p>
<p>1/ La France à la carte – Equateurs – 22 € &#8211; 320 pages – juin 2026</p>
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		<title>Le pire n&#8217;est pas certain</title>
		<link>http://www.denislefevre.fr/le-pire-nest-pas-certain/</link>
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		<pubDate>Wed, 17 Jun 2026 16:42:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Denis Lefevre]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[La France Agricole]]></category>

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		<description><![CDATA[C’est un véritable antidote à l’éco anxiété que nous pr [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">C’est un véritable antidote à l’éco anxiété que nous propose la géographe, Magali Reghezza-Zitt dans son livre <em>Bienvenue en 2055</em> (1). Première année où, selon l’auteure, nous cessons d’émettre plus de CO2 que les océans, les forêts, les prairies n’en absorbent, engendrant une stabilisation du réchauffement climatique. Oh tout n’a pas été facile, et les transitions ont été parfois douloureuses. Les canicules sont récurrentes atteignant parfois 50° à l’ombre, &#8211; c’est le prix à payer de notre inaction passée -. Mais l’on a évité le pire avec une augmentation de la température moyenne en France stabilisée à + 2,2° C depuis 1830, début de la révolution industrielle, plutôt qu’au-delà de l’enfer des 4° C.</p>
<p style="text-align: justify;">Le plastique a disparu, tout comme les aliments ultra-transformés, et les coraux des abysses. L’on s’habille avec des vêtements en fibres naturelles, l’on mange moins de viande (mais de meilleure qualité) et l’on fait plus de vélo. Comme dans les années 1960, l’agriculture a vécu une nouvelle révolution, combinant à des degrés divers, selon les régions, technologies nouvelles et principes agronomiques plus en phase avec le fonctionnement des écosystèmes. Les agriculteurs, plus nombreux qu’il y a trente ans, gagnent mieux leur vie. Les fermes sont devenues autonomes en carbone et en eau, et gèrent la plupart de leurs déchets.</p>
<p style="text-align: justify;">Plus globalement, pour réussir à stabiliser le réchauffement, il a fallu réorganiser nos sociétés, le monde du travail et la vie des entreprises, refonder le système éducatif élargi à toute la vie active, répartir équitablement l’effort en réinventant un contrat social, faire évoluer nos standards de vie, sans renoncer ni au progrès ni au confort. « Je ne suis pas devenue une amish », s’amuse l’auteure qui ajoute : « Nous avons compris que le moins n’était pas l’ennemi du mieux, que ralentir ne signifie pas régresser, qu’une consommation raisonnable et raisonnée n’est synonyme ni d’austérité ni de récession. »</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut lire, sans modération, cette fiction scientifique, &#8211; qui explique en termes simples la complexité des enjeux -, et pour constater qu’il n’est pas trop tard et que le pire n’est pas certain…</p>
<p>1/ Bienvenue en 2055 dans un monde neutre en carbone – Le Seuil – mai 2026 – 21,50 €</p>
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